29.05.2008
Le 24 mai: C'était super
RETROUVAILLES :
L’EMOTION ÉTAIT AU RENDEZ VOUS.
Il y a des occasions, des jours comme ça, que l’on ne voudrait manquer pour rien au monde.
Et pour nous, anciens de Jean Jacques Rousseau, ce samedi 24 mai 2008 il ne fallait absolument pas le manquer.
Penser que 55 ou 60 ans après avoir usé nos fonds de culottes sur les bancs de l’école, au son de la voix de Mr AUGÉ et des grandes envolées gesticulatoires de Mr RAYNAL, une trentaine de gaillards d’avant allaient faire un travelling arrière les ramenant dans la cour de leur école primaire, c’était déjà un rêve éveillé.
Du coup, personne n’ arrive en retard… ou presque.
Petit à petit la place Candolle retrouve des airs des années cinquante.
Les uns et les autres, presque timidement, avancent, scrutent les visages à la recherche d’un air, d’un sourire connu…
Heureusement Jaco a préparé des badges qu’il épingle minutieusement sur chacun. …
Ouf, connaître le nom ça aide la mémoire…
Et là, c’est parti ; les accolades…les embrassades…les rigolades… les émotions qui pincent le coeur…
Et très vite les souvenirs qui remontent à la surface…
Les murs et les micocouliers de la place en frémissent d’aise.
“ - ET toi…et moi … et lui ?… et l’autre ?...“
“ -Il fallait pas broncher avec le père AUGÉ …“
“ - Et Raynal quand il relevait les manches valait mieux se garer… Mais bon ils nous ont beaucoup apporté…“
“- Et toi un jour tu m’as donné un coup de poing…“
“- Tu te rappelles une telle… “ déjà les filles…
et le groupe de ces trente grands enfants qui n’en finissent pas de se retrouver…
…et Jean Marie, le doyen de raconter à une jeune journaliste comme s’était bien avant.
Il faut toute l’autorité naturelle de Raoul pour arriver à entraîner tout ce beau monde vers l’école. Avec l’autorisation de la Mairie, il a obtenu de la Directrice de la maternelle qu’elle veuille bien patienter pour que nos compères puissent se faire photographier dans la cour de l’école après le départ des enfants.
Enfin tout le monde est là ! Mais il en arrive encore qui ont vu l’article dans le journal et qui n’ont pas hésité malgré le temps incertain, à se joindre au groupe d’inscrits…

Quelle joyeuse pagaille cette séance photo…ca n’arrête pas de jacasser…
Jaco joue à Mr AUGÉ en vitupérant pour mettre tout le monde en place ; Robert organise les rangs ; Gérard sort l’ardoise qui va dater l’événement ;
Raoul fait patienter la Directrice et l’Adjointe au Maire…
Bon ! ils sont enfin en place ; les appareils circulent ;
Problème ! comment être sur la photo et dans les rangs en même temps ?
Alors l’adjointe s’y colle, se met les appareils en pendentifs, et mitraille ;
“ -Attendez ; encore une… “ et elle change d’appareil.
“ - Venez avec nous Madame l’adjointe…“ et Jaco de mettre le retardateur pour que tout le monde soit présent dans l’œil du numérique.
La journaliste, elle aussi,s’en donne à cœur joie recherchant des effets de prise de vue, et à obtenir les meilleures confidences…
C’est super…l’ambiance est bon enfant. Comment en irait - il autrement.

Et tout en descendant prendre l’apéritif vers le restaurant “Roule ma Poule“ la bande continue d’échanger des souvenirs.
Les affinités se reconstituent comme par enchantement et l’on demande des nouvelles des absents.
“ – Maurice devait venir, mais il a une visite médicale aujourd’hui“
“- Claude est en voyage et a promis de venir au prochain rendez vous“
“ - Tu sais ce qu’il devient Jean Marie ?“ “- Malheureusement il est mort il y a quelques années “ Et oui, il y a en a déjà vingt qui nous ont quittés sur les 103 retrouvés ; la vie nous impose aussi de passer par là …
“ - Et qu’est ce que tu as fait dans la vie ?… tu as des enfants ?…“
On veut tout savoir ou presque, et l’on essaie de comprendre pourquoi tout ce temps passé à ne pas se voir ? Surtout en habitant dans la même ville…
Vincent et Christian avouent fièrement ne pas s’être perdu de vue, tout comme Jaco et Rémy.
Ils continuent de se voir fréquemment et de partir en voyage ensemble avec les épouses.
Ainsi va la vie ! Des horizons qui changent et la surprise de se retrouver aujourd’hui.
Moment magique entre tous quand les photos sortent et circulent de main en main. Il y en a des dizaines, en noir et blanc, de plusieurs années successives, de la maternelle à celles du “certif “.
Toutes bien conservées ; et toujours le même décor : La cour ; le mur gris légèrement délabré entre deux fenêtres ; fermées sur les photos prises en hiver, ouvertes sur celles d’été avec toujours les maîtres qui encadrent les élèves des deux classes réunies.
Là tout s’emballe. Certains ne s’étaient pas revus ainsi depuis l’époque et prennent d’emblé un coup de jeune. Nostalgie quand tu nous tiens…
Sur certaines les enfants rient… Sur d’autres ils ont la mine sévère…
Ça ne devrait pas exister les photographes qui rendent les enfants tristes.
Côté sport, on est gâté !. Le volley ; le foot. Les équipes championnes immortalisées par des photos sur lesquelles posent les champions en herbe, maillots blancs à étoile rouge… C’était une époque…
Et leurs maîtres toujours avec eux.
Jean- Claude et Robert qui ont connu une vie sportive “presque pro“ témoignent de l’engagement quasi mystique de Mr AUGÉ pour faire gagner ses équipes…
Et puis l’on passe à table…
Le personnel de “Roule ma Poule“, sous l’oeil avisé de Robert qui a suivi les préparatifs, a bien fait les choses. Le restaurant est pratiquement réservé.

Robert après avoir distribué le programme profite de la prise de commande pour souhaiter la bienvenue à l’estimable assemblée.
Il rappelle l’importance de nos maîtres à qui l’on doit rendre hommage pour leurs apports et leurs principes d’éducation; il invite au souvenir des Amis disparus en rappelant leurs noms et propose d’entrevoir une suite à cette magnifique journée, et enclenche pour un tonnerre d’applaudissements à la « cheville ouvrière » de cette organisation ; Ce cher Jaco.
… Et puis le repas est servi.
Délicieux ; sans anicroche ni attente ; avec la gentillesse et l’amabilité de ces jeunes serveurs qui n’en reviennent pas de voir tous ces papys aussi excités par leurs souvenirs. Ils en redemanderaient presque.
Et les dialogues fusent à travers les tables.
Les plus anciens qui avaient 10 ans en 1941 de conter comment ils partaient comme des volées de moineaux se mettre à l’abri dans les caves des rues de Candolle quand il y avait alerte.
–“Ca nous amusait ; c’était comme une récrée“ disent Jean Marie et André parlant des heures sombres de la guerre. Peut être que le temps améliore les souvenirs !!!
Elie rappelle qu’il y avait école le samedi, et que lors du tournoi des cinq nations Mr AUGÉ louait une télévision pour voir les matchs…sic.
“- Si…Si … je vous dit qu’il louait une télé … Et chacun de lui dire mais non ! C’était la radio… Persuadé il insiste. Et Rémy de lui préciser
“ – Je te rappelle Elie qu’il n’y avait pas d’antenne à l’école“
“ - Ah bon ! alors je me trompe.“
Sacré rêveur cet Elie, lui qui comptait plus vite que son ombre et que le maître prenait pour faire les moyennes de la classe, à l’endroit et à l’envers et en calcul mental s’il vous plaît… Et jamais une faute.
Il est devenu banquier…
Plus jeune, Guy garde une phénoménale mémoire du quartier et de l’école et comme Jaco, est capable de nommer tous les présents sur les photos.
Emile, lui qui a appris à donner les coups de poings au biberon s’est félicité de cette rencontre, et se demande s’il changerait quelque chose s’il fallait recommencer.
Quand à Michel, il dit consacrer une partie de sa vie à une foi pieuse que ses origines grecques ont amené de l’église orthodoxe à celle du Vatican ;
et paraît il qu’il danse comme un Dieu.
Jaco pris par l’émotion ne peut pas lire à l’assemblée une belle carte reçue de son Ami Pierre exilé en Bretagne et qui adresse à tous, ses affectueux souvenirs. C’est Raoul qui prend le relais et en profite pour donner sa vision de l’époque en déclanchant un joyeux vacarme avec ses découpages du quartier :
“- En bas les caraques de Candolle (huéééeeesss) En haut les gens biens de la Canourgue ( re- huéééeeesss) – évidemment ses parents étaient concierge à la mairie, place de la Canourgue - ,et la rue Foch comme frontière avec la forêt sauvage ( re-re-huééeeeés) “-.
Et tout le monde de partir d’un grand rire.
Après le fabuleux café gourmand concocté par le chef, les jambes commencent à démanger et les discussions continuent sur le pas de la porte.
Quelques - uns ont convenu de se retrouver avec la bande des quatre qui a mis en place cette journée.
Robert sort l’agenda. Une date est prise. Des idées de nouvelles rencontres sont données : Aller au cèpes chez Vincent ou une petite randonnée autour de l’étang chez René avec les épouses… Tous sont ravis et ont du mal à se séparer… Et avant de partir, pour conclure, Claude qui aimait bien la bagarre tient à préciser : “ En tous cas, sachez une chose, pour moi les seuls bons points que j'ai eu dans cette école...c'était des points de suture...“ Rigolade générale...
Mais bon, les meilleures choses ayant une fin…
Vincent va retourner dans son village du Gard; Christian dans les Cévennes, un groupe va prendre le Tram, d’autres vont à pieds car ils sont restés fidèles au quartier.
Elie serre trois fois la main à tout le monde ; sort en discutant et distrait se prend les pieds dans une borne.. Petite chute…Eclats de rires.
C’est parti pour du bon temps…
Gérard.
Photos Jaco.
le 24 mai : comment ça c'est passé !
12:45 Publié dans anciens élèves | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note







